Avec Ko Kado, le karakami, art ancestral d’impression à la main sur papier washi, devient un langage pleinement contemporain, où texture, geste, ombre et lumière sont indissociables. Ses compositions minimalistes ne transforment pas le papier, elles le révèlent : une beauté silencieuse et essentielle.
Né et installé à Kyoto, Japon (né en 1975)
Ko Kado est l’un des rares maîtres contemporains du karakami, art ancestral d’impression à la main sur papier washi, traditionnellement employé dans les arts décoratifs et les intérieurs japonais. À l’aide de blocs de bois gravés, de pinceaux et de pigments naturels, il inscrit ce savoir-faire dans une pratique artistique contemporaine, nourrie par sa sensibilité à la matière, à la lumière et à l’espace.
Sa démarche tend vers l’épure : plutôt que de transformer le papier, Ko Kado cherche à le révéler. Au contact du washi et des pigments naturels, il explore la texture, le geste, la lumière et le vide. Ses compositions minimalistes invitent à une observation attentive, où des variations se dévoilent au gré de la lumière, laissant apparaître toute la richesse expressive de la matière. Sa nouvelle série, intitulée Ojiku, s’inspire des proportions et de l’équilibre contemplatif du kakejiku, rouleau suspendu traditionnel japonais. Une couche de washi de kōzo fait main encadre le motif central et introduit un autre registre de blanc, aux côtés des pigments et du subtil relief du karakami.
Après des études de design de produits au Japon, puis de design graphique aux États-Unis, il a travaillé comme designer à New York. De retour à Kyoto, il s’est tourné vers sa passion de toujours, le papier, et s’est formé pendant cinq ans au sein d’un atelier de karakami perpétué par la même famille depuis treize générations, devenant le seul apprenti accepté hors du cercle familial. En 2009, il a fondé son studio, Kamisoe, à Kyoto, où il développe depuis son propre langage artistique, ancré dans les techniques et les matériaux du karakami.
Il a collaboré avec des artistes tels que Hiroshi Sugimoto et Ryuichi Sakamoto, ainsi qu’avec des architectes et des designers, et a contribué à des projets de restauration, notamment autour des livres Saga-bon du XVIIᵉ siècle.
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